PHILIPPE PONS

Pour la saison 2012 L'oeil de la Gazelle vous invite à découvrir le travail photographique de Philippe PONS.

Une invitation au voyage. Un voyage onirique et poétique en INDE.

Photographier, c’est rentrer en contact, en connivence avec les objets, les lumières, les matières, le monde des apparences

Dans ce jeu qui implique une duplicité, regardeur-regardé, il m’a fallu inventer un mode léger et ludique qui désacralise l’usage d’un médium astreint à une technicité encombrante et au sens premier « trop lourde à porter ».

 

Lorsque j’ai commencé ce « jeu sérieux » j’ai dû m’expatrier, changer de contexte, en un mot : voyager.

 

Le déplacement, le mouvement, ont été alors les vrais sujets et valeurs auxquels je fus sensible.

Mon premier vrai travail « pensé » s’est concrétisé dans l’élément liquide des thermes des pays de l’Est. Pour cela j’ai choisi un appareil qui symbolise à la fois la légèreté d’un corps dans l’eau et le coté amateur de la prise de vue de l’autre. Je me suis senti instantanément à l’aise dans cette configuration à photographier la dissolution de l’être humain dans un élément autre que l’air qui aboutit à une sorte de transformation des corps.

Par la suite s’est accrû le plaisir de jouer avec les accidents de ce piètre matériel que sont les appareils en plastique avec lesquels j’ai réalisé depuis 1993 tous mes travaux photographiques : bidouillage dans les armoires des hôtels de passage, assemblage à la va-vite des boites qui « prennent la lumière » comme un navire prend l’eau…

Armé de ces outils peu fiables, dont les caprices et les ratés déterminent au fil des ans mon écriture photographique, j’ausculte les états de mon âme à la rencontre des objets, des choses et des êtres qui me

«répondent».

 

Par cette écriture bien souvent proche de l’écriture automatique chère aux surréalistes, je me laisse guider par mes sens en éveil, laissant « flotter » ma perception pour ne prendre qu’une trace fugitive et en devenir du réel.